Le jeu de société, quelle histoire ! 1/2

Certes, le jeu n’est pas l’exclusivité de l’Homme. Les animaux aussi jouent : les chiens adorent ramener des bâtons, les dauphins sculptent des bulles d’air, les primates s’amusent même avec des objets. Jouer, c’est une activité sociale, une des manières qu’ont les êtres vivants pour communiquer entre eux. Et petit rappel de vos cours de philo (ce n’est pas si loin que ça quand même ?) : l’Homme est un animal social. 

Ceci expliquant cela, le jeu est un élément culturel important qui contribue à sortir l’Homme de sa condition animale : il ne s’agit plus de survie mais d’un loisir, donc d’une activité qui réalise son humanité. C’est en cela que le jeu est universel mais surtout intemporel : il existe d’ailleurs depuis les prémices de la civilisation. Laissez-moi vous raconter l’histoire du jeu de société, depuis les toutes premières traces antiques jusqu’aux tendances ludiques actuelles en passant par l’évolution des mécaniques et du matériel. 

Antiquité : les premiers pas du jeu de plateau 

Il était une fois (désolé c’est comme ça qu’on raconte les histoires) la Méditerranée orientale sous l’Antiquité. Cela remonte n’est-ce pas ? Et encore : il s’agit des premières traces des ancêtres du jeu de société, mais ce n’est pas pour rien que les dates correspondent à l’invention de l’écriture, vers 3 500 av.JC. En effet, on peut imaginer que l’Homme joue depuis le tout début, dès la préhistoire : il s’amusait sans doute en dessinant dans le sable ou la terre et en déplaçant des petits cailloux et des graines, des signes bien entendu impossibles à retracer aujourd’hui.  Il faudra alors se contenter des premiers dés et jetons retrouvés en Turquie et datés à -3000 ans par les archéologues. 

L’ouverture des tombes de pharaons égyptiens ont également révélé le secret des premiers jeux de plateau, que l’on retrouve également représentés par des hiéroglyphes : le « Senet », datant de -3100, et le « Mehen », vers -3000. 

Si les historiens ne se sont à ce jour pas accordés sur les règles du Senet, on sait tout de même qu’il s’agissait d’un jeu de hasard réservé aux membres de la royauté et censé préparer à la mort, au passage vers l’au-delà. Un véritable exemplaire est exposé au Musée égyptien du Caire, entre autres, mais si cela fait loin pour vous, vous pouvez toujours vous procurer une des nombreuses rééditions modernes du Senet. 

Senet game from the tomb of Tutankhamun, kept in the Cairo museum
Jeu du Senet provenant de la tombe de Toutânkhamon, conservé au musée du Caire

Le Mehen (ou « jeu du serpent ») quant à lui est un plateau de jeu en forme de serpent enroulé, avec de faux airs du jeu de l’Oie (qui n’est pourtant créé qu’en l’an 1600). Là encore, les règles font débat. 

Peut-être avez-vous déjà entendu parler du jeu royal d’Ur ? Apparu en Mésopotamie vers -2100, il s’agit du plus ancien jeu de société encore en circulation. Nous avons notre petite anecdote préférée sur ce jeu chez LudoTech : le plateau du jeu royal d’Ur était à double emploi. Une face servait au Senet, et l’autre au jeu d’Ur. On vous a déjà dit que le plateau de jeu d’OLEM était recto verso ? Coïncidence…  

British_Museum_Royal_Game_of_Ur
Jeu royal d’Ur, exposé au British Museum

Ces jeux antiques ont en commun leur thème divin, leur portée sacrée et leur mécanique, le hasard. Et ce n’en est pas un (de hasard) : à cette époque, l’Homme remettait sa vie, sa destinée et son salut aux mains des dieux, et la volonté de ces derniers était alors incarnée par les dés et le tirage. Le jeu est un moment de spiritualité. 

Nefertari_juega_al_Senet,_tumba_de_Nefertari
Représentation Nefertari, Grande épouse royale de Ramsès II, jouant au Senet

Autre fait qu’il est intéressant de relever : des traces de jeux similaires, datant de la même époque, ont été retrouvés à des endroit très éloignés. Mine de rien de l’Egypte à l’Azerbaïdjan, ça fait une petite trotte ! C’est une preuve de la diffusion des jeux de société, certainement par les routes commerciales de l’époque, ce qui en fait un élément culturel très important. On peut penser qu’il s’agissait d’un moyen d’interaction entre des civilisations qui ne parlaient pourtant probablement pas la même langue. Comme quoi, la notion essentielle de partage et de convivialité du jeu de société ne date pas d’hier ! 

Nous n’en sommes qu’à l’Antiquité et c’est déjà l’heure de se quitter. Pourtant, il y a tant à dire qu’on pourrait vous parlez pendant des heures de l’Histoire de jeux de société. Alors si nous vous avons ouvert l’appétit et que vous êtes curieux de lire la suite, nous vous donnons rendez-vous dans la deuxième partie de l’article très bientôt ! 

Vous pouvez également retrouver tous nos autres articles ici.

Article rédigé par Enza T. le 10/06/2021

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